: La der des ders

 

Correspondance

Du fait de la vétusté des documents, certaines phrases ne sont pas complètes.

Cette correspondance est réalisée entre Claudius et son père.

 

Recto des cartes postales

Verso des cartes postales

« 31/03/1915 : Cher père ;

J’ai reçu ta lettre aujourd’hui, elle m’a fait bien plaisir, je suis toujours en bonne santé.

J’envoie une carte à Alfred pour remplacer celle qui s’est perdu en route.

Embrasse les enfants pour moi comme je t’embrasse. »

 

« 21/06/1915 : Cher père ;

Je suis en bonne santé et j’ai tout reçu ce que tu m’as envoyé. Nous avons quitté Willer pour un autre cantonnement. Je quitte les baguettes de Fournier et vais probablement passer dans une section de ________. Je serai plus tranquille.

Le secteur de Fournier chez nous était trop fatigant et c’est moi qui l’ai demandé.

Je viens de passer la journée avec Justin qui m’a appris son mariage et est toujours en bonne santé.

Je t’envoie un morceau de toile d’aéroplane boche que Gilbert à descendu à coup de mitrailleuse au-dessus de notre tête.

Je n’oublierai jamais ce combat. Le boche est tombé à un kilomètre de nous.

Je termine en t’embrassant ainsi que nos enfants.

 

« 26/??/1915 : Cher père ;

Je te fais adresser par les soins de l’intendance mes effets ainsi que ceux du Maréchal des Logis Chef, qui n’a pas de parent en France. Quand nous aurons besoin d’effets, nous te demanderons de nous en renvoyer. Tu me ferais plaisir de m’envoyer par la poste une paire de chaussette de cotton.

Je suis en excellente santé et t’embrasse tendrement.

 

« 15/02/1916 : Cher père ;

Voila 8 jours que le courrier ne nous arrive pas. Nous ne savons pourquoi. Il n’y a cependant rien d’anormal. Je te prépare un colis qu’un de mes hommes, allant au Creusot en personne, emportera. J’ai deux torpilles boches nouveau modèle toutes désamorcées et déchargées. Je crois qu’il n’y en a pas beaucoup qu’en auront de pareil. Je t’envoie également une petite garniture de cheminée forte de quatre cartouches de 37 millimètres. J’ai fait également deux coupes papier dans des _________ boches. Tu en donneras un à Alfred le petit. J’en ferai un autre pour Julien et des bagues pour Madeleine et Antoinette.

Fais-moi une provision de petites cannes que tu me feras apporter ainsi qu’un demi ___________ et un tire-point. J’ai refais une bonne crise beaucoup plus forte dimanche dernier, mais je m’en ressents moins longtemps. Le major parle de me faire opérer. Rien ne presse. J’ai un poste tranquille et je ne retrouverai pas ensuite le pareil si j’étais évacué.

Je te tiendrai au courant. Le Lieutenant qui commande la batterie me laisse toute latitude pour me soigner et c’est très bon pour moi.

Je termine en t’embrassant ainsi que les enfants dont j’attends des nouvelles avec impatience. »

 

« 04/04/1916 : Cher père ;

Je t’envoie par Thomas encore quelques bricoles pour compléter ton musée. D’abord une grenade à fusil complète. Elle est complètement désarmée. Tu peux la démonter sans danger. Ensuite une grenade à _______ désamorcée complètement, ensuite un petit bonnet pour la Bebelle, deux calots pour Alfred et Julien, deux douilles de 37 millimètres pour chez Badet. Je t’envoie deux papiers à lettre pour la toute petite, c’est tout ce qu j’ai trouvé à lui envoyer. Je n’ai pas fais de photographie n’étant pas encore autorisé à me servir de mon appareil. Je n’ai d’ailleurs pas le temps de faire cela.

Je suis en bonne santé et les boches sont tranquilles, mais il se pourrai que ce ne soit pas pour longtemps. Je t’embrasse ainsi que les enfants. Dis à Alfred de m’écrire. »

 

« ??/??/1916 : Cher père ;

...

    ... à cœur de faire payer chère aux allemands leur dernière attaque des Flandres. Ils ont tout saccagé, Ypres, _______, _______.

Les Anglais mènent la danse à coup de canon. Chaque jour c’est une canonnade terrible. Ils ont amené derrière, une masse de troupes très bien équipée et organisée. Ils sont bons soldats, bien meilleurs que les Belges que personne ne peut sentir. Ecrits-moi bientôt et donnes moi des nouvelles des enfants. »

 

© Pascal TREMONG – Collection privée, 1999-2004.

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